La Suisse doit conserver sa marge de manœuvre
Les besoins en électricité vont connaître une croissance massive au cours des prochaines décennies en raison de l’IA et de la numérisation. Quels types de production nous privilégierons dans quelques décennies reste à déterminer. C’est pourquoi la Suisse devrait élargir ses possibilités au lieu de les restreindre inutilement par la loi. Une nouvelle centrale nucléaire serait toujours soumise à une procédure d’autorisation spécifique en plusieurs étapes.
- Un « oui » ne déclenche pas en soi une décision de construction.
- Un « oui » offre la possibilité de se prononcer sur des projets concrets.
- La décision concernant un projet concret ne serait prise qu’une fois que la technologie, les coûts, la sécurité, le site et les besoins seraient connus.
- La levée de l’interdiction permet à la Suisse de prendre une décision ultérieurement, en fonction de la situation réelle en matière d’approvisionnement.
- Garder ouverte l’option de l’énergie nucléaire, c’est assumer la responsabilité de l’approvisionnement électrique à long terme. Les générations futures seront reconnaissantes de pouvoir continuer à se prononcer sur le recours à l’énergie nucléaire en Suisse.
Foire aux questions
Par rapport aux anciennes installations, les réacteurs modernes sont conçus pour répondre à des exigences de sécurité plus strictes. Les barrières supplémentaires, les systèmes de sécurité passifs, une meilleure maîtrise des accidents graves et une surveillance plus étroite sont des éléments essentiels. En Suisse, les installations existantes doivent être modernisées en permanence ; l’IFSN veille au maintien de la sécurité et à la sûreté. En ce qui concerne les grands réacteurs de génération III+ et les petits réacteurs modulaires (SMR), de nombreux concepts visent une sécurité accrue, mais la preuve concrète sera apportée dans le cadre d’une procédure d’autorisation, par exemple si un projet de construction se concrétise en Suisse.[1]
Elle l’est sur le plan financier et technique, mais pas encore sur le plan politique. En comparaison internationale, la Suisse applique strictement le principe du pollueur-payeur. Les exploitants de centrales nucléaires doivent prendre en charge les coûts de démantèlement et de gestion des déchets. À cette fin, ils alimentent depuis des années, d’une part, un fonds de gestion des déchets (déchets et combustible usé) et, d’autre part, un fonds de démantèlement (démantèlement des installations). Le financement s’effectue par le biais des coûts de production et est donc intégré dans la formation du prix de l’électricité. Les montants de ces deux fonds dépassaient récemment les objectifs légaux.[1] La Suisse a opté pour le stockage géologique en profondeur comme solution à long terme pour la gestion des déchets. Les déchets radioactifs sont confinés profondément sous terre, dans une couche rocheuse appropriée. Le projet n’en est plus au stade de la recherche fondamentale, mais se trouve désormais dans une phase avancée de la procédure d’autorisation. Après des études approfondies, la Nagra a proposé le site du Nord des Lägern, dans le canton de Zurich.[2] Le processus politique menant à l’octroi de l’autorisation générale pour le dépôt en profondeur doit encore être mené à bien. Jusqu’à sa réalisation, les déchets existants sont stockés dans le centre de stockage intermédiaire en surface de Würenlingen.[3] D’autres pays sont plus avancés : la Finlande dispose déjà d’un dépôt géologique profond, la Suède est en train d’en construire un. Implenia, une entreprise suisse, participe à sa construction.[4] L’Autriche, qui ne dispose d’aucune centrale nucléaire, a également besoin d’un dépôt de ce type pour les déchets issus de la recherche et de l’industrie.[5]
- Rapport annuel 2024 du Fonds de démantèlement et de gestion des déchets
- Qui fait quoi ? La répartition des rôles dans le projet de dépôt en profondeur suisse | Nagra
- ZWILAG Zwischenlager Würenlingen AG
- Implenia remporte un important contrat pour un dépôt géologique profond en Suède
- Déchets radioactifs en Autriche – Origine, caractéristiques, gestion – Ministère fédéral de l’Agriculture, des Forêts, de la Protection du climat et de l’Environnement, des Régions et de la Gestion de l’eau
Actuellement, 79 réacteurs sont en construction dans le monde et environ 120 autres sont à l’étude.[1] Outre des pays comme la Chine, l’Inde, les États-Unis, le Japon ou la Corée du Sud, des États européens (France, Royaume-Uni, Pologne, Suède, Finlande, République tchèque, Pays-Bas, etc.[2]) poursuivent également la construction de nouvelles centrales nucléaires ou étudient des projets en ce sens.[3] L’UE considère l’énergie nucléaire comme une technologie clé pour atteindre les objectifs climatiques.[4] C’est pourquoi, dans le cadre du «Net Zero Industry Act», l’UE a également décidé de développer ses capacités de production en matière de technologie nucléaire.[5] La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a récemment qualifié la sortie du nucléaire d’«erreur stratégique» de la part de certains pays européens.[6] De nombreux pays européens envisagent de prolonger, de relancer ou d’introduire la production d’électricité d’origine nucléaire. Même le Danemark, qui ne dispose d’aucune centrale nucléaire et produit une part importante d’énergies renouvelables, a ouvert la porte à cette technologie.[7]
- Tableau de bord mondial de la base de données sur les réacteurs – Association nucléaire mondiale
- Projets de nouveaux réacteurs dans le monde – Association nucléaire mondiale
- Projets de nouveaux réacteurs dans le monde – Association nucléaire mondiale
- L'UE considère l'énergie nucléaire comme « stratégiquement » importante pour la neutralité climatique | Euractiv DE
- Le Conseil européen inclut l'énergie nucléaire dans la loi sur l'industrie « zéro émission nette » (Net-Zero Industry Act) - Foro Nuclear
- Von der Leyen considère l'abandon du nucléaire comme une « erreur stratégique » | tagesschau.de
- https://www.rtbf.be/article/energie-nucleaire-quels-pays-de-l-ue-se-re-lancent-dans-le-nucleaire-lesquels-abandonnent-carte-interactive-11717029
L’énergie nucléaire est une technologie dynamique, qui progresse à un rythme effréné. La génération III désigne les réacteurs à eau légère existants ; la génération III+ désigne les nouveaux réacteurs dotés de concepts de sécurité encore améliorés, tels que des systèmes de sécurité passifs supplémentaires et une conception plus robuste. La génération IV désigne des concepts de réacteurs fondamentalement nouveaux, par exemple les réacteurs rapides, les réacteurs à haute température ou les réacteurs à sels fondus. Elles visent notamment une meilleure utilisation du combustible, des températures plus élevées, des déchets moins persistants ou de nouvelles applications, mais ne sont pour la plupart pas encore largement disponibles sur le marché.[1][2][3][4] Si la Suisse devait lever l’interdiction de l’énergie nucléaire et planifier concrètement la construction de nouvelles centrales, seules les nouvelles technologies (au moins de génération III+) pourraient être envisagées.
Les petits réacteurs modulaires (SMR) sont des réacteurs de plus petite taille, pouvant être combinés de manière modulaire et dont la puissance électrique est généralement inférieure ou égale à environ 300 MWe. Leur structure est plus simple, ils reposent sur une fabrication en série et offrent une plus grande flexibilité d’utilisation, ce qui se traduit par des coûts réduits. Cette réduction est due à la conception de modules standardisés, la préfabrication en usine, des unités plus petites et des délais de construction potentiellement plus courts. Par ailleurs, les SMR peuvent être déployés de manière flexible et locale, par exemple pour produire de l’électricité, du chauffage urbain, de la chaleur industrielle ou de l’hydrogène.[1][2]